Vie

APOSTASIE, les années 50.

APOSTASIE, les années 50.

À l'orée des années 50, je quittai le doux gîte des bonnes soeurs vendeuses de petits Chinois pour joindre l'école publique. Durant les premières années, la direction était sous la tutelle des Dames de la Congrégation de (je ne me souviens plus quoi.) C'étaient des dames plutôt "high class" qui confiaient l'enseignement des garçons à des institutrices non-religieuses. Ça se passa bien malgré que je fus un cancre exemplaire capable de faire fondre en larme l'institutrice la plus aguerrie. Si bien que souvent les séances dites d'éducation se terminaient par des coups de règles sur les doigts. Mais j'ai toujours pensé que c'était là pure vengeance face à un futur génie ;  incompris en plus.

Mais ce n'était que le début des festivités. Quelques années s'écoulèrent avant de se retrouver dans l'antre des bons Frères du Sacré-Coeur. Là, c'était le vrai monde des soutanes avec tout ce qui l'accompagne. Cette communauté prenait en charge des écoles complètes de jeunes garçons pour en faire de futurs citoyens, après signature de contrats avec la Commission scolaire ; ensuite ils avaient le champs libre et ne se gênaient pas pour en abuser.

Ainsi, le directeur de notre école fréquentait une très jolie dame voisine afin de faire repriser sa soutane disait t'il. Toute une classe perdit toute une année scolaire sous la supervision du bon frère Léonien. Ce brave homme qui avait la sainte habitude de se masturber sous sa soutane à la vue des plus beaux jeunes garçons faisait régulièrement des distributions de médailles saintes que nous devions porter sous nos sous-vêtements afin qu'elles soient efficaces disait t'il. Mais c'était un homme qui ne laissait rien passer ; aussi vérifiait t'il méticuleusement si tous et chacun portaient les saintes médailles alors que son autre main s'activait sous la soutane.

Ainsi, toute une classe de trente élèves fut déclarée inapte à affronter l'année suivante, année du premier certificat, lequel était supervisé par le Bureau de l'Instruction Publique. Alors impossible pour les bons frères de fausser la mise. C'est ainsi que trente cancres se retrouvèrent tous ensembles sous la direction du bon frère Bernard, un spécaliste du premier certificat d'étude. Cétait un brave homme, plutôt austère qui maitrisait plutôt bien ses pulsions. Il lui arrivait bien de procéder à quelques rajustements de nos vêtements, mais il le faisait avec ses deux mains et bien que caressant ne s'égarait pas outre mesure à l'intérieur de ceux-ci.

La bonne nouvelle, c'est que les trentre cancres passèrent avec plus ou moins de succès leur premier certificat d'étude.

à suivre.

Commentaires

Portrait de YVON

Et les Autres.

Bonne chance pour ceux qui servent de pare-choc entre ces deux milieux.

Ce que nous avons vécu avec les bons frères est sans doute beaucoup moins intrusif que nos copains qui devaient subir l'internat dans les institutions de ces mêmes individus.

Nous étions de l'école publique alors que les autres devaient vivre dans les institutions privées de ces religieux. Ils devaient entre autre subir les assauts répétés de ces prédateurs qui se déguisaient en directeurs de conscience, sachant que leur chambre-bureau qu'ils nommaient fort humblement leur cellule était le lieu où ils exerçaient leurs activités.

Mourir pour des idées, d'accord ; mais de mort lente. Georges Brassens.

Portrait de Corinna

les bons frères

C'est horrible que tu aies du vivre cela !

En Argentine on aurait trouvé la solution aux "mauvaises" pulsions.  Enfin, il le semble, puisqu'on y dit que entre un monastère et une nonnerie il faut construire une école.

 

“Rien n'a autant changé la nature de l'homme que la perte de silence”.