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Renseignements utiles

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Les petites indiscrétions entretiennent l’amitié

 

Bien que la reine Béatrice des Pays-Bas soit en fait tenue au principe de neutralité, elle se prononce clairement pour une poursuite de l’engagement de son pays en Afghanistan. Elle n’a bien sûr pas fait pareille déclaration devant les journalistes de son pays. C’eût été maladroit. D’autant plus, qu’en ce moment l’on discute vivement en Hollande de savoir s’il ne vaudrait pas mieux réduire l’important pouvoir politique que le monarque possède encore. On aimerait voir son rôle de chef d’Etat se limiter uniquement aux fonctions représentatives.

Les déclarations de dirigeants, couronnés ou autres, doivent être traitées avec diplomatie. Cela veut dire qu’elles ne devraient quitter leur lieu d’origine que par la seule voie diplomatique. Sur ces sentiers tortueux, ils pourraient ainsi atteindre leur destination et y trouver un asile discret. Mais gare aux voleurs de grands chemins !

L’un d’eux s’appelle Julian Assange, un activiste politique et journaliste australien, dont les parents tenaient un cirque ambulant. Il s’est fixé pour but, et on le savait depuis longtemps, de rendre publics des documents tenus secrets. Il guette donc sur les sentiers diplomatiques les révélations explosives et agresse de temps à autre un de ces convois d’informations. Via Internet, il rend accessible au grand public les fruits de ses brigandages.

Bien sûr, il y a aussi des envieux. De grands politiciens se sentent acculés, des entreprises craignent pour leur existence, des crises surgissent dans les Etats, des managers de haut niveau sont limogés, les puissants se sentent impuissants et même le Saint Siège souffre de constipation. C’est vrai que le comportement de l’Australien n’est pas très diplomatique.

Mais, comme disait déjà le grand diplomate Armand Du Plessis, mieux connu sous le nom de Cardinal de Richelieu : «  La fin justifie les moyens ».

Or, comme Monsieur Assange ne peut pas toujours se fier à ses sources diplomatiques, il lui faut d’autres informateurs. Actuellement, ce sont les banquiers ou plutôt ex-banquiers qui se trouvent en ligne de mire. C’est le cas de Rudolf Elmer, un éminent manager limogé par la banque privée Julius Bär. Il a passé lundi sur cette plateforme de révélations les données financières d’environ deux mille clients fortunés de son ancien employeur à Londres. Y figureraient de hautes personnalités, dirigeants économiques et députés des Etats Unis, du Royaume Uni et d’Asie, qui auraient utilisé des comptes dans des centres financiers off-shore, pour frauder le fisc. On peut évidemment traiter Monsieur Elmer de délateur, mais les services fiscaux s’en réjouiront.

Alors que les téléspectateurs du monde entier sont nourris des mauvaises nouvelles, la star  des « whistleblower s » continue à être gavée de révélations croustillantes. Un peu comme les canards de l’Oie.

En tant que plumitif, je suis moi aussi tributaire d’informations. Au cas où vous seriez en possession de documents secrets, scabreux ou simplement d’indiscrétions sournoises, transmettez-les-moi par voie diplomatique.

Je ne pourrai malheureusement pas vous rémunérer, mais comme vous savez : les petites indiscrétions entretiennent l’amitié.

Traduction : Irène Frei