Société

Un nouveau parti: les nationaux sociaux

Un nouveau parti: les nationaux sociaux

Lega et „Mouvement Citoyens Genevois“ - un nouveau mouvement?
Auteur: 
Anton Schaller

 

Les chefs du PDC et du PLR se frottent encore les yeux, lèchent leurs plaies et se demandent, que faire maintenant? Et voilà que surgit dans le ciel politique suisse un nouveau mouvement, peut-être même un nouveau parti, un mouvement national social. Le «Sonntag», l’hebdomadaire dominical de la maison argovienne Wanner, fait remarquer qu’à l’avenir il faudrait se souvenir de ce nom, ce qui veut dire que, d’ici les prochaines élections, il pourrait arriver encore bien des choses. Ainsi je vais continuer à suivre le développement politique,  m’asseoir devant mon ordinateur pour écrire ce que je pense de cette évolution, même s’il peut paraître aux lecteurs de ma chronique hebdomadaire, qu’à l’UDC  «tout choque», alors que chez les Verts et les Verts libéraux  «tout séduit». Une chose est certaine: vous n’êtes pas obligés de me lire, vous pouvez me lire, me donner votre avis, vous confronter avec cette question, et apposer votre propre opinion. Et il est incontesté que la confrontation avec d’autres opinions est toujours bénéfique : toutefois il est important que les arguments restent mesurables et, que dans le meilleur des cas, ils attisent la discussion ou du moins, l’aiguisent. www.seniorweb.ch est une plateforme sur laquelle toutes les opinions, tous les points de vue, toutes les analyses ont leur place. Plus encore, c’est sur elle que devraient se dérouler les débats politiques, qu’on devrait discuter et débattre le plus possible. L’important, c’est l’apport d’arguments, et, lors d’opinions totalement divergentes, que le déroulement du débat reste «vif mais fair-play» dans un esprit amico-confédéral.

Ainsi donc, la Lega a définitivement percé. Et de plus, elle est maintenant la force la plus puissante dans le canton du Tessin,  basculant un Conseiller d’Etat du PLR dans le gouvernement cantonal, et y occupant maintenant deux sièges sur cinq et obtenant  30% des voix, 7,5% de plus qu’il y a quatre ans. Si l’on essaie de cerner le profil politique de ce parti, on constate que la Lega est aussi nationale que l’UDC, qu’elle entre en guerre contre les étrangers et surtout les frontaliers, mais s’engage aussi fortement dans les questions sociales. Elle lutte pour un 13ème mois d’AVS, des places pour les apprentis, de meilleures chances d’accès à la formation, et veut donc renforcer l’Etat social, ce qui la différencie profondément de l’UDC. De la même façon, le MCG, le mouvement des citoyens genevois, qui veut que «Genève appartienne aux genevois», s’oppose de façon conséquente aux frontaliers français mais, comme la Lega, s’engage pour les personnes socialement faibles. Même s’il n’a pas encore réussi à s’imposer aux récentes élections du parlement et du gouvernement, il a fait plus qu’annoncer uniquement ses ambitions aux élections parlementaires. Les mouvements de protestation ont toujours une position difficile dans des élections à l’exécutif. Ce fut le cas pour la Lega, et même l’UDC a des difficultés à faire passer ses candidats dans des élections majoritaires.

Pour l’instant ces mouvements se limitent encore à ces deux cantons frontaliers. Ils entretiennent déjà des contacts soutenus. Ils visent avant tout le 23 octobre et la période d’ après. Soudain il pourrait se former une force nationale capable de menacer l’UDC; en effet beaucoup d’électeurs socialement défavorisés votent aujourd’hui pour le parti de Blocher parce qu’ils s’y croient mieux représentés, quant à leurs intérêts, leurs peurs face à l’afflux d’étrangers et les conséquences qui en découlent. Dans les questions sociales, par contre, ils seraient sans doute mieux entendus par les nationaux sociaux.

Le paysage politique n’a jamais été aussi mouvementé qu’aujourd’hui. Il convient d’y jeter un coup d’œil de temps à autre  ou, comme je le fais, d’écrire une colonne.

Traduction : Catherine Pelli