Société

De Federer à Strauss-Kahn

De Federer à Strauss-Kahn

Nos sentiments oscillent entre chaud et froid
Auteur: 
Traduction : Irène Frei

Nous la lui souhaitions tant, cette septième victoire à Wimbledon ! Tout avait si bien commencé ! Il était en forme. La première semaine sur le sacrosaint gazon de Londres permettait tous les espoirs. De même lors du quart de finale, après les deux premiers sets, il semblait que notre multi talent finirait rapidement vainqueur. Mais le Français Jo-Wilfried Tsonga réussit, ce que Federer avait déjà maintes fois démontré au tennis mondial: Tsonga changea le 2 :0 en 2 :3. Il arriva à sortir Federer de sa quiétude, à l’acculer dans la défensive. Brusquement Federer se retrouva dos au mur ; astreint à rester dans la défensive, il dut s’avouer vaincu.

Roger Federer , qui sait jouer si brillamment , n’aurait-il plus le mordant nécessaire pour avoir ce petit plus d’efficacité face à un adversaire très motivé comme le fut ce Français vendredi dernier ? Federer en a été profondément touché, bien qu’il fît bonne figure contre mauvaise fortune. Son ambition reste pourtant intacte, celle de montrer au tennis mondial, qu’il est non seulement le meilleur et le plus élégant des joueurs, mais aussi capable de se battre, comme jadis, lorsqu’il s’apprêta à grimper au sommet de la planète tennis. Et nous continuerons à nous réjouir et à vibrer avec lui, tant nous aimerions aussi profiter de ses succès, nous ses compatriotes suisses !

Alors même que se dessinait la défaite de Federer, une autre nouvelle se propagea rapidement, une nouvelle qui annonçait un revirement, dont  je pris d’abord connaissance avec précaution : « Dominique Srauss-Kahn libéré de sa résidence surveillée ». La plaignante, la victime présumée, se serait révélée comme peu crédible. Le même procureur, qui présenta au monde DSK  comme l’agresseur probable et donna l’impression d’avoir devant lui un cas évident, prononça l’ordre de le libérer. Le tribunal en charge de l’affaire donna suite à sa demande. Même la caution de 6 millions de dollars lui fut restituée. On ne retint que son passeport, afin qu’il ne puisse quitter les États-Unis. L’accusation n’est toutefois pas retirée, les indices conforteraient toujours la thèse du viol. Mais quand une plainte pour viol repose sur  un témoignage contre témoignage, la crédibilité de la victime présumée reste la pierre angulaire de l’accusation. Les relations de la jeune femme avec le milieu sont prouvées, ses dépositions restent jusque là contradictoires. Les chances de Srauss-Kahn augmentent. La défense se montre optimiste et ne voit qu’une issue possible pour DSK : l’acquittement.

Les socialistes français imaginent à nouveau Strauss-Kahn comme candidat valable pour les élections présidentielles, comme candidat capable de mettre en péril le Président Sarkozy. Quel revirement, quelle histoire digne d’un scénario d’Hollywood, avant même que tout soit surmonté !

Ainsi nous autres lecteurs, auditeurs, téléspectateurs ou internautes, balançons-nous d’un extrême à l’autre. De notre propre déception quant à la défaite de Federer à la joie des Français lors du triomphe de leur jeune champion de tennis Tsonga. De l’incrédulité quant à la libération de Srauss-Kahn à la certitude, qu’il est effectivement libre, en le voyant se rendre avec sa femme et ses amis dans un restaurant italien de New York, filmé et retransmis jusque chez nous par les chaines américaines de télévision.

C’est ainsi que nous est présenté le monde, sans ménagements pour notre propre disposition.  À nous de voir, comment  nous en sortir. Peut-être par un entretien en famille ou entre amis ? Ou alors en nous exerçant de temps à autre à la  retenue, nous coupant de tous les canaux d’information. Par exemple pendant les vacances d’été qui débutent ces jours-ci.