Ma voisine, la brave Erika, a grandi dans un milieu chrétien très pratiquant. Elle se dit issue d’un mariage mixte. Le père était protestant, la mère catholique, la fille par conséquent plutôt contradictoire. Cette ambivalence fut toutefois de courte durée. Elle reçut le baptême catholique, prit allègrement part à l’instruction religieuse et fut une lectrice zélée du catéchisme.
Erika fit sa communion solennelle, continua sagement à aller à l’église et tout aussi sagement à confesse. Elle devint un pilier de la communauté catholique de notre ville. Par deux fois elle put même baiser le doigt ganté de l’évêque. Erika croit même se souvenir, que lors de sa confirmation, une autre main épiscopale fut en jeu, qui frôla sa joue avec ledit «soufflet».
Elle aime aller à l’église le dimanche, mais préfère pourtant aller au confessionnal. Toute petite déjà, elle était fascinée par le secret de la confession. L’on pouvait avouer tous ses «méfaits» au prêtre et celui-ci devait les garder pour soi, ne pas même en parler à maman. Elle alla jusqu’à «pécher» volontairement, rien que pour entendre dire le prêtre: «et ego te absolvo a peccatis tuis in nomine Patris et Filii, et Spiritus Sancti. Amen». Même si elle ne comprit pas ce que cela signifiait, elle savait, que ses péchés lui étaient pardonnés.
Et voilà que soudain, sans crier gare, cette merveilleuse institution se trouve en péril. Le secret du confessionnal doit être aboli. Ce signal vient d’Irlande, donc d’un pays où 86% de la population se réclame de croyance catholique. Eamon Gilmore, le ministre des affaires étrangères, en a assez du camouflage d’abus sexuels par le clergé. Il constate sans équivoque que: « l’Église catholique ayant montré une fois de plus son incapacité à gérer convenablement les cas d’abus, le gouvernement se voit obligé de voter des lois qui rendent punissable la dissimulation d’informations sur les cas de pédophilie.»
La ministre dublinoise, responsable des affaires de l’enfance et l’adolescence, Frances Fitzgerald, propose un projet de loi, la «Children First Bill» stipulant que se rendrait coupable, quiconque ne signalerait pas immédiatement à la police les cas d’abus sur enfants. Ce devoir d’information concerne toutes les organisations et individus, qui ont à faire avec des enfants placés sous leur protection, donc également l’Église et ses prêtres. Cela vaut également pour les confesseurs.
Cette mesure inouïe suscite, Dieu merci, une tempête d’indignation dans l’Église. Des religieux tels Father PJ Madden de l’Association of Catholic Priests ne se sentent pas liés à la juridiction séculaire. Le «secret du confessionnal fait partie du sacrement de la confession, qui dépasse de loin le thème de l’abus pédophile. Celui qui vient au confessionnal, n’y vient pas en criminel, mais en pécheur repentant, qui cherche le pardon de Dieu.»
Il a raison. Où irait-on, si les meurtriers et les abuseurs sexuels n’obtenaient plus leur absolution de l’Église alors que nos tribunaux sont déjà tellement surchargés! Par la confession et le: «ainsi je t’absous de tes péchés au nom du Père, Fils et du Saint Esprit», le pécheur est, par son repentir, blanchi des dernières suites des péchés de son existence séculaire. Il redevient donc un membre pur de notre société.
De plus, disent les experts, les pédophiles n’iraient tout simplement plus à confesse, s’ils savaient que les prêtres pourraient les dénoncer. Actuellement il y aurait toutefois encore une chance, celle de les convaincre à se dénoncer eux-mêmes. Malgré tout, le gouvernement de Dublin n’est pas prêt à renoncer à son projet de loi.
Il a raison. Qui voudrait croire à l’auto-dénonciation? Dublin est bien arrivé au 21ème siècle. Qui sait, peut-être les Irlandais seraient-ils progressistes au point d’abolir le célibat des prêtres.
Et n'oublions pas que l’Eglise aussi n’est pas à la traîne du progrès. Sur le site Beichthaus.com et Top100, l’on peut aussi se débarrasser de ses péchés via internet, depuis son bureau, en prenant son café ou en surfant entre e-banking et facebook. Il existerait même un confessionnal roulant, le streetmobil.
Erika continuera à se rendre au confessionnal. Quant à moi, ma dernière confession date d’il y a longtemps. Il n’y en aura pas de prochaine, je l’affirme en toute bonne foi. Je m’arrange très bien tout seul avec mes petits péchés.
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ET ON A OUBLIÉ LES INDULGENCES....
La lecture de ton billet, Kurt, m'a interpellé, pour ne pas évoquer une augmentation importante de ma pression artérielle.
Il faut souligner, deux images venues à mon esprit, lors de la lecture de ton récit.
" L'essentiel est invisible pour les yeux. " Selon un Petit Prince bien connu.
Nietzsche souligne également dans ses écrits que le Christianisme s'adresse au troupeau.
Alors que j'essayais de m'expliquer la venue à mon esprit de ces images, j' ai trouvé l'explication suivante ; il doit y avoir évidence, spectacle, afin de bien démontrer qu'il y a eu faute et que le tout puissant représentant de Dieu s'occupe à mettre les choses en ordre.
Sachant que les petits cubes où s'effectue le lessivage des fautes des pécheurs sont toujours bien en évidence afin que tous et chacun puissent constater qui utilise ce système de nettoyage intellectuel.
Étant, moi-même, de descendance irlandaise, je peux te confirmer que les représentants de l'Église Catholique (irlandais) font en sorte de ne pas perdre leur ascendant sur leur troupeau.
" L'habit ne fait pas le moine."
Une autre constatation venue à mon cerveau qui percole sous grande pression quand il s'agit du contrôle du troupeau.
Le vêtement, est fort important ; il faut bien constater que le type habillé tout de blanc fait grande impression, tout comme le sorcier dans Harry Potter ; et toutes ces images du Christ : toujours les longs vêtements.
Tu vois, Jésus Christ, en "short", avec un "T shirt" sur lequel est imprimé "Peace and Love" ?
YVON.
Mourir pour des idées, d'accord ; mais de mort lente. Georges Brassens.