C’est dans un des locaux commerciaux pleins de lumière de la Fondation Age, à la Bärengasse à Zurich, que j’ai rencontré Antonia Jann. Ces locaux sont entourés de petites zones récréatives près du Schanzengraben au plein milieu de la grande ville.
Quelle a été la motivation, pour une jeune universitaire, pour s’intéresser à l’habitat et l’encouragement des personnes âgées, après avoir fait une licence sur «les centres maternels suisses et leur collaboration avec les professionnels – une étude sur le besoin de support d’un groupe faisant partie d’un groupement social spécifique»?
Une formation des plus étendues !
A.J. Après avoir enseigné pendant quatre ans, je me suis demandée si je pourrais continuer à exercer cette profession, bien que hautement utile, pendant encore quarante ans. Et c’est ainsi que je me suis décidée à faire une deuxième formation à l’Université de Zurich en étudiant la pédagogie comme première matière et le journalisme comme deuxième matière.
J’étais intéressée par le développement des êtres humains qui ne peut se terminer par la puberté. J’ai donc étudié la sociologie chez Rosenmayr à Vienne où j’ai fait partie d’un groupe de travail qui examinait le comportement de personnes âgées.
En même temps, je m’occupais aussi des centres pour les mères de familles vivant dans des conditions plutôt serrées. Le but était de leur offrir la possibilité d’échanger leurs idées et de collaborer d’une manière créative, tout en leur permettant de se procurer un gain supplémentaire avec des prestations propres. Cette étude était fort intéressante puisqu’il fallait trouver une solution tenant compte aussi bien de la vie individuelle que des données dictées par la communauté.
Cheffe de projet dans le secteur de la famille, des étrangers et des personnes âgées !
Lorsque vous avez accepté votre engagement pour le Pour-cent culturel Migros en 1996 et qu’une année plus tard vous avez mis en œuvre un projet troisième âge et ordinateurs, cet engagement était une chance pour les deux partenaires. En effet, vous disposiez d’une formation solide en pédagogie, en sociologie et en journalisme. Comment êtes-vous tombée sur le Pour-cent culturel Migros ?
A. J. Après avoir terminé mes études, j’ai été obligé de me décider dans quelle direction je voulais diriger ma carrière professionnelle. Le journalisme aurait été un choix possible. J’avais besoin de trouver un travail, car mon mari venait de fonder une firme. L’offre du Pour-cent culturel Migros pour le poste de cheffe de projet dans les secteurs politiques de la famille, des étrangers et des personnes du troisième âge était donc une chance unique pour moi.
Plus tard j’ai encore effectué une formation continue dans les secteurs du marketing et du commerce.
Avec le Pour-cent culturel Migros, j’ai pu exécuter plusieurs projets passionnants.
Entre autres aussi le projet Ordinateurs pour seniors, qui devint la base de Seniorweb?
Le moment était mûr pour Seniorweb
A.J. En effet, le moment était idéal pour réaliser l’idée d’Arthur von Arx (EURAG), avec Heinz Altorfer (également collaborateur du Pour-cent culturel Migros) et Martin Metzger (Pro Senectute). C’est après des travaux préliminaires en l’année 1996 que nous nous sommes présentés, lors d’une journée d’essai en 1997, au grand public. En même temps, nous mettions à disposition des personnes âgées, des cours d’informatique, dans les écoles Club Migros. Et ainsi, les premières « Computerias » virent le jour.
En 1999 j’ai quitté le Pour-cent culturel Migros pour reprendre un engagement chez Pro Senectute. Là, j’ai continué mon travail pour Seniorweb (2001) en dirigeant en même temps des projets de développements internes chez Pro Senectute. En plus, j’ai travaillé pour la revue « Zeitlupe ».
Quels étaient vos sentiments envers Seniorweb, lorsque l’on réalisa que Seniorweb devait devenir indépendant financièrement ?
A.J. Le Pour-cent culturel Migros ne peut soutenir que des projets. Or, chaque projet a un début et une fin. C’est ainsi que je savais, dès le début, que je ne pouvais accomplir qu’un travail préliminaire. La suite du travail fut accomplie par Regula Späni et plus tard par Visual Energy. La recherche de capitaux était un travail permanent, soit par des actions de parrainage, de publicité, du partenariat ou comme plateforme pour la publicité d’entreprise.
Le travail bénévole devient ainsi une partie importante des ressources humaines de l’association.
Je me suis réjouie de voir avec combien de joie et d’engagement les responsables de forums ont collaboré. Même aujourd’hui, je suis étonnée que tant de bénévoles soient prêts à accomplir avec beaucoup d’enthousiasme un travail sans rémunération.
Ensuite, en 2001, vous vous êtes décidée à vous engager pour l’habitat du troisième âge et pour des projets d’habitation et vous êtes devenue secrétaire générale de la Fondation Age qui a pour but de s’occuper de l’habitat du 3ème âge. Comment habitez-vous dans votre vie privée, avec votre famille?
N’est-ce pas beau d’avoir des rêves?
A.J. Avec mon mari qui est architecte, j’ai un lien très direct avec l’habitat ainsi qu’avec nos idées d’habitation très créatives. Nous avons eu la chance de pouvoir réaliser presque tous nos rêves.
Et maintenant un peu d’histoire familiale. C’est pendant mes études que j’ai accouché de mon premier enfant. Il était clair que je voulais poursuivre mes activités professionnelles et notre enfant est resté à la crèche pendant trois jours. Le reste du temps c’est soit moi soit mon mari qui nous occupions de notre enfant. Mais avec le deuxième enfant, qui naquit cinq ans plus tard, il devint de plus en plus difficile de garder deux enfants en même temps. Que faire? Devrions-nous engager une nurse? Mais cela serait très onéreux pour une petite famille.
Nous rêvions d’une maison avec jardin en ville, dans laquelle nous pourrions cohabiter avec d’autres personnes, car nous voulions que nos enfants grandissent dans un environnement très divers et nous nous sommes mis à la recherche.
Il nous a fallu une année pour trouver une maison en ville avec trois appartements et un jardin pour trois familles qui désiraient vivre en communauté d’habitation. Nous avons donc engagé une nurse pour deux familles. C’est ainsi que nous vivons aujourd’hui avec en plus une nurse qui travaille pour nous depuis dix ans (elle vit actuellement à Bâle).
Mais avez-vous encore du temps libre pour votre rôle d’épouse et de mère ?
A.J. La formation continue prend une grande partie de mon temps libre et je lis beaucoup. Je fais du Yoga pour me reposer et je bouge beaucoup.
L’habitat au troisième âge
Que fait la Fondation Age?
A. J. C’est avec le capital d’une personne privée que la Fondation Age a été constituée. Et l’argent ne sert pas à financer un home ou une institution. La Fondation Age veut documenter l’habitat dans toutes ses formes multiples et sur une base très large et elle offre quatre segments :
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