Prenez une photo d’un sexagénaire dans les
années
1930 et comparez avec une autre présentant de son
«
homologue » dans années 2000. Dans le premier cas,
il
s’agit presque d’un vieillard, dans
l’autre
d’une personne en pleine forme et attentive au monde.
De fait, le sexagénaire d’aujourd’hui
n’a pas
grand-chose à voir avec le sexagénaire
d’hier.
L’âge est une notion évolutive, relative
et
éminemment liée à
l’environnement social et
culturel. Il faudrait tout de même que les
représentations
bougent ! Allez, risquons le mot : que les images de
l’âge
rajeunissent !
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Dans le même genre, il me paraît incroyable
d’entendre toujours définir les
retraités comme des
inactifs. En termes statistiques, on parle des inactifs de plus de 60
ans… Mais l’activité est-elle seulement
définie par rapport au travail salarié ou non ?
Chacun
d’entre nous connaît des « actifs
» fort peu
actifs et des « inactifs »
particulièrement
actifs… Mieux, même, dans certains cas, certains
actifs
ferraient mieux d’être plus inactifs…
Reste que les retraités de 2009 participent de multiples
façons à la vie sociale, à la bonne
marche de la
communauté, au développement de la
Cité. Que
serait le monde associatif sans les millions de
bénévoles
actifs de plus de 60 ans, que deviendrait la vie communale sans les 30%
d’élus qui sont officiellement des
retraités ?
Et que dire des solidarités de proximité ?
Combien de
familles tiennent le coup grâce aux coups de mains multiples
de
grands-parents : garde des enfants, accueil à la maison,
bricolage et aides diverses, aide monétaire, aide aux
devoirs… La liste est sans fin. De la même
façon,
il est impossible de faire une liste exhaustive des aides
apportés par les « inactifs de plus de 60 ans
»
à leurs voisins ou à leurs amis.
Les mots ne sont jamais neutres et traduisent un jugement, des
représentations d’une situation. Il serait donc
temps,
là aussi, de changer les images, d’aider
à
moderniser les regards et les références.
Il ne s’agit pas d’un sujet anecdotique. Ce qui est
en jeu,
c’est bien la compréhension par le corps social de
cette
double révolution : à la fois
démographique au
sens de l’allongement de la vie ; et sociétale au
sens
où l’âge chronologique est de plus en
plus
découplé de l’âge social.
Serge Guérin
Professeur à l’ESG perspectivesenior.com
Vient de publier La société des seniors Editions
Michalon
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