Société

Prix 2010 de la Fondation Feri

Prix 2010 de la Fondation Feri

Ce prix a été décerné le 9 juin 2010 à Francfort sous l’égide de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, à sept institutions qui sont engagés à promouvoir des solutions innovatrices à des problèmes rémanents de notre société actuelle.
Auteur: 
Eric Waidyasekera

 

Les bonnes nouvelles ne font généralement pas la une dans nos médias, et il importe de rappeler au moins de temps en temps qu’il y en a effectivement. Ainsi, l’existence de fondations qui s’engagent à apporter leur concours à résoudre des problèmes touchant nos communautés est peut-être perçue, mais généralement pas affichée au grand public. Et pourtant elles apportent une contribution non négligeable, mais souvent méconnue, à notre société civile.

La fondation Feri, d’une des plus riches familles d’Allemagne, encourage, de par son savoir-faire dans la gestion du patrimoine, la création et le développement de fondations à but social et culturel aux objectifs les plus variés. Depuis 2005, elle encourage ce mouvement, d’une part en mettant au concours un prix de reconnaissance aux institutions pour les faire connaître, et d’autre part en stimulant les fortunés à participer à ces engagements.

Cette année, la cérémonie de la remise de ce prix, doté de 25 000 €, a eu lieu dans le vénérable hall impérial du Römer, l’hôtel de ville de Francfort sur le Main, au matin du 9 juin 2010. Env. Trois cents représentants invités des fondations participantes de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Suisse, dont ProSenectute et Seniorweb, ont assisté à une cérémonie très digne et d’un haut niveau culturel. Le tableau d’honneur et la liste des postulants peuvent être consultés sous  http://www.feri.de/de/feri-stiftungspreis/feri-stiftungspreis-2010. On peut constater que parmi les sept institutions distinguées se trouvent deux fondations suisses, Dimitri et MyHandicap.

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Le conférencier d’honneur, le philosophe Peter Sloterdijk, a fait remarquer dans son éloge sur le mécénat que les fondations font suite à une tradition millénaire. Il rappelle les mérites de Gaius Cilnius Mæcenas du temps des Romains, de Saint Martin au Moyen Âge et d’autres bienfaiteurs de la Renaissance et des temps modernes. Jean-Claude Trichet, président de l’BCE, en se référant à la situation économique actuelle, a lancé un appel à l’action commune et à la solidarité, autant entre citoyens eux-mêmes qu’entre institutions et États, pour relever les défis. Une telle entente aide à trouver des solutions et de plus apporte des avantages aux intervenants.

Les séminaires qui ont suivi l’après-midi ont traité divers sujets sur le développement et l’aide financière des fondations à but social et sur la favorisation des échanges d’expériences entre les fondations. La propagation d’informations idoines ne peut que faciliter leur travail. Par ailleurs, il a été relevé lors de cette journée que le prix Feri voulait donner aux fondations une plateforme pour échanger leurs expériences et leur procurer des appuis pour leur développement.

Une réflexion d’aspect politique intéressante, parmi bien d’autres, était la suivante. Dans les pays et les milieux où les institutions politiques, même démocratiques, faillent à leurs obligations de caractère éthique et non économique, comme la culture et l’écologie, il se créent des impasses qui empêchent toute évolution favorable ou bloquent des solutions possibles. En effet, il faut constater que rarement les instances gouvernementales sont mûres ou disposées à s’attacher à des problèmes effectifs qui n’ont pas de résonance politique. Il arrive alors souvent dans ce vide que les problèmes concernés soient repris par des groupements de citoyens pour trouver des issues. Ce vide social et le besoin moral et éthique est généralement comblé par des initiatives privées, dont la réalisation est souvent assurée par des fondations. Celles-ci sont libres d’obligations. Elles peuvent donc être le berceau pour des initiatives et des développements qui ne prennent pied que plus tard dans la société. Ceci est remarquable car ces institutions ne sont pas gérées selon des normes démocratiques.

En résumé, les initiateurs de ce Prix Feri 2010 ont ouvert une large porte pour encourager une culture de donation en Europe, à une époque où notre société connaît une période difficile. Appel a été fait aux fortunés pour qu’ils prennent les responsabilités afin de s’attacher aux problèmes cruciaux de notre société et de soutenir les efforts de ceux qui sont engagés dans cette perspective.