Société

6ème World Ageing & Generations Congress 2010

6ème World Ageing & Generations Congress 2010

Evolutions démographiques et innovations dans le monde, défis et chances pour l’économie, la politique et la société. Organisation : World Demographic & Ageing (WDA) Forum, St. Gall
Auteur: 
Eric Waidyasekera

 

Le WDA Forum est une organisation qui s’engage pour les questions concernant l’âge et les générations futures. Il existe sur tous les continents de nombreuses organisations dans le domaine de cohabitation des générations et sur la longévité, et beaucoup d’efforts et d’actions pour comprendre les problèmes liés à ces aspects on été entrepris. Toutefois la coordination de ces innombrables programmes fait défaut.

Le WDA Forum voit dans cet état de choses non seulement un défi formidable pour l’humanité, mais aussi des opportunités exceptionnelles pour son développement. Il constate toutefois que seule une approche intégrale et coordonnée permet de concevoir des solutions durables. En conséquence, il éclaire particulièrement les aspects ayant trait à la société, l’économie, la santé et l’éducation sur les changements prévisibles. A cet effet, une approche internationale et inter-générations est indispensable.

files/St_Gallen_Universitaet_1.jpgLa conférence organisée par le WDA Forum du 26 au 28 août 2010 à St. Gall, la 6ième de ce genre et tenue en anglais, a focalisé les débats sur des sujets choisis de ses domaines d’actions. Cette année, des questions comme les suivantes ont été abordées :

  • Comment les communautés et les industries peuvent-elles adapter la gestion de leurs innovations et les stratégies de développement de leurs produits pour satisfaire le potentiel et les besoins de la génération 50+ (anglicisme utilisé « silver generation »).
     
  • Les destinées des pays sont-elles inévitablement liées aux mouvements démographiques, ou est-ce que les responsables politiques peuvent introduire des mesures pour éviter les effets indésirables de ces développements ?
     
  • Comment peut-on comparer les défis pour maintenir la qualité de vie des personnes âgées entre les différents pays du monde ?

Le but de la conférence est d’analyser les changements démographiques en cours, de faire appel aux personnalités et experts compétents,  et de développer les sujets dans des sessions de discussions en vue d’examiner les impacts sur la politique, la société, le bien-être, la santé et le travail.

Cet article ne contenant pas le résumé débats du congrès, le lecteur est invité à se reporter aux rapports publiés, ainsi par ex. aux pages suivantes :

- World Ageing & Generations Congress (WAGC)

- Der Industrie auf die Sprünge helfen

- Alzheimer wird zur Herausforderung für die Gesellschaft

Pour donner un petit aperçu de ces nombreux débats, voici quelques remarques personnelles prises au hasard des notes de l’auteur :

Le congrès n’avait pas l’intention de proposer des solutions à tous nos problèmes, son but étant de préparer le terrain pour les aborder intégralement, mais il a touché quelques points importants dans la recherche de possibilités pratiques dans quelques domaines.

Ainsi, par exemple, les aspects que nous analysons lorsque nous parlons de la génération 50+ ne doivent pas être considérés uniquement dans nos contextes politiques et sociaux si nous voulons trouver des solutions durables à ces problèmes. Il en est de même lorsque l’on considère la génération active (env. 20 à 65 ans). Rappelons dans ce cadre que juste 20% de la population mondiale jouit des privilèges que nous connaissons (assurances sociales, sécurité juridique, etc.), le reste gagnant sa vie dans le domaine informel (travail au noir, etc.), non par intention mais par contrainte situative et de survie. Ces questions doivent être suivies dans le cadre de visions globales comprenant aussi  l’environnement, les droits humanitaires et les réalités économiques. Vus de cet angle, on constate que pour trouver des solutions, encore beaucoup de recherches, d’informations, de compréhension et d’adaptation de nos attitudes à de nouvelles situations sont encore à développer.

Aussi, de nombreuses propositions d’actions et d’attitudes ont été présentées. Ainsi, pour les personnes du 3ème âge,  il existe un consensus dans le monde qu’il est nécessaire de renforcer et d’améliorer leur possibilités d’activités et de travail en développant l’éducation et des modes de vie appropriés, qu’il convient d’encourager la vie sociale active et de procurer des moyens et des services adaptés à leur condition physique et mentale. Il était particulièrement intéressant de constater que ces problèmes sont  non seulement abordés dans les pays industrialisés, mais que des solutions fascinantes ont été présentées pas des représentants des pays émergeants.

Il a aussi été constaté que nos sociétés développent leurs conclusions basées sur des considérations essentiellement économiques, comme le PIB (produit intérieur brut), et que les valeurs humaines et naturelles ne sont pas escomptées honnêtement, comme la recherche d’un index de développement humain. « Pourquoi les personnes en âge ne sont-ils pas valorisés dans l’économie ? », s’exclamait un orateur. Dans une autre conférence, vidéo celle-ci de Chicago en direct avec le prix Nobel de l’économie, R.W. Fogel, après une analyse historique sur la longévité humaine, pose des questions sur les capacités limites de l’environnement  à la suite du développement démographique dans le monde. Questions hautement intéressantes mais pour lesquelles les solutions doivent être cherchées dans la vision et l’analyse de conditions futures (horizon 2050) et pas uniquement sur nos expériences passées.

Les disparités des conditions et des valeurs dans les différentes parties du monde ont aussi été constatées et discutées (Europe, Amérique, Chine, Indes, Moyen Orient, etc.). Mais aussi des tendances à rencontrer des problèmes semblables relatives à la vieillesse, dont on n’a pas encore partout pris conscience, devraient faire objet d’échanges de recherche et d’informations. Les défis des soins des maladies, comme en particulier celle l’Alzheimer, des problèmes liés à la dignité humaine dans un monde dominé par les règles économiques et de dogmes politiques, sociaux et religieux, de l’évolution climatique et environnementale doivent être abordés et explorés dans un esprit d’ouverture internationale, afin de trouver des moyens pour les contrecarrer et des solutions pour une qualité de vie adaptée à chaque pays.

Enfin, il a été constaté qu’au cours de ces dernières décennies, les NGO ont évolué pour devenir des  instances essentielles pour influencer les systèmes politiques et pour procurer une base pour une démocratisation et de respect des droits humains dans le monde.

Le Congrès a été ainsi une manifestation internationale et a constitué une plateforme pour un échange d’informations et de de vues entre les responsables de toutes les sphères de la société et une audience qui sont fascinées, intriguées et surtout soucieux par les conséquences des développements démographiques globaux.