Société

7th World Ageing & Generations Congress

7th World Ageing & Generations Congress

Le 7e congrès mondial du vieillissement et des générations
Le 7e congrès mondial du vieillissement et des générations a eu lieu du 29 août au 2 septembre 2011 à Université de St. Gall. Sous le titre "Bouleversements et innovations démographiques", le congrès a traité les sujets concernant les défis et opportunités dans les mondes des affaires, de la politique et des sociétés.

Le monde en évolution

Le monde a bien changé depuis la première édition de congrès, en 2004. On ne parlait pas de crises financières, comme celles de nos jours qui ont bouleversé les économies des pays développés et des marchés émergents. Les incertitudes qui en ont résulté demeurent, les inégalités sociales se sont accentuées, les économies des pays industrialisés se sont affaiblies et l’instabilité politique dans le mondé s’est accrue.

Affiche du congrès en gare de St GallCes évolutions ont conduit le World Demographic & Ageing Forum (WDA Forum), à adapter quelques unes de ses réflexions originales à des nouvelles situations inattendues. Elles seront thématisées dans le mois à venir dans différentes rencontres d’organisations internationales et surtout en 2012, qui sera « l’année européenne du vieillissement actif ». Dans ce contexte, ce congrès WDA tombe aujourd’hui à point pour faire connaître au monde ses vues et ses conclusions sur le thème de cette année « Bouleversements et innovations démographiques ». Mais comment peut-il le faire et quels sont ces messages ?

Le rôle du congrès

Près de 500 participants et aides venus de 40 pays dont plus de 100 conférenciers réputés ont échangé leur vues, leurs analyses et leurs conclusions  sur des thèmes focalisés dans les domaines suivants :

  • Politique et développement
  • Affaires et société
  • Existence et santé

Pendant ces trois jours les divers sujets sur ces thèmes ont été abordés et discutés dans des séances plénières et parallèles, ou des ateliers, ce qui a permis des échanges de vues et d’informations ouvertes et bénéfiques.

Les participants représentent différentes organisations internationales (Nations Unies, WHO, BIRD, UE, etc.), de secteurs gouvernementaux relatifs à la santé et aux finances, d’institutions de recherche universitaires, des NGO et divers groupes d’intérêts et de développement (WEF), d’industries et de partenaires d’associations et d’organisations de personnes âgées de divers pays. Le congrès joue un rôle de transfert et de diffusion d’informations entre les différents protagonistes impliqués dans les problèmes de développement traités dans le monde.

En raison de la très large palette des sujets abordés et des participants, tous ont pu trouver des sujets variés les intéressant personnellement. Il y a lieu de constater toutefois que le focus pour les protagonistes les plus importants, les organisations internationales et gouvernementales, était de créer les conditions favorables et les prémices pour la mise en place de mesures, qui par nature, sont très variés selon les instances responsables et les mentalités dans les différents pays et cultures. En conséquence, les participants travaillant sur le front à des tâches pratiques relatives à la vieillesse ont trouvé relativement peu de réponses concrètes à leurs questions. Mais ils ont pu constater que pour réaliser leur engagement, il fallait encourager la création d’un environnement propice à tous les niveaux, ce qui justement était un des buts de ce congrès.

Séance plénière dans l'auditoireNous ne résumerons ici pas les délibérations et les conclusions des discussions qui ont eu lieu. Elles peuvent être consultées dans les différentes publications de la conférence que l’on peut trouver. Voir en particulier :

 

·         Le site internet du congrès

·         Die Menschenrechte älterer Leute stärken.

Nous évoquerons plutôt ci-dessous quelques points isolés piqués au hasard des discussions dans les plénums auxquels l’auteur a participé.

Midi 5

Le message a été clairement annoncé : l’évolution démographique (le monde va avoir 7 milliards d’habitants cette année) et ses conséquences demandent des décisions qui par nature n’auront effet qu’à long terme, dans quelques dizaines d’années. Or les responsables politiques jugent sur les résultats à court terme, le temps d’une législation de l’ordre de 3   4 ans. En conséquence, bien des mesures reconnues nécessaires sont insuffisamment appliquées ou reportées.

Le Forum lance un appel aux responsables pour enfin agir, car économiquement la situation s’enlise, si elle ne l’est pas déjà sur certains aspects, et qu’il devient difficile voire impossible de remédier à ces problèmes démographiques en laissant traîner les choses. En fait il est déjà midi 5 pour les défis non résolus concernant en particulier le financement des retraites, la couverture des frais de santé, le vieillissement. Il a été par ailleurs noté que ceux-ci ne peuvent raisonnablement être abordés qu’en considérant les aspects suivants :

  •  Les problèmes démographiques ne peuvent être résolus en ne tenant compte que des seules besoins d’une génération, une approches globale sur tout le cheminement de la vie doit être considérée, en englobant équitablement tant la génération active payante que les générations dépendantes (enfance, vieillesse).
  • Certains paradigmes sociaux doivent être revus. Les seniors par exemple doivent montrer et développer les aspects positifs avec lesquels leur génération contribue à l’équilibre social, et non se laisser réduire au statuts de consommateurs et profiteurs.
  • Des mesures isolées ne sont pas suffisantes et les solutions aux problèmes doivent être trouvées par une approche concertée de tous les acteurs.
  •  Le dialogue intergénérationnel est indispensable. Des solutions innovatrices pour le financement de la retraite doivent être développées en tenant compte de l’état effectif et des ressources des différentes couches de populations.

Les réponses à cette situation doivent être trouvées dans des processus de réflexion et d’expérimentation conduits et concertés par tous les acteurs responsables sur les plans international et gouvernemental d’une part (top down), et par les individus et les collectivités locales d’autre part (bottom up). Il est donc urgent de s’emmancher à ces tâches sérieusement à tous les niveaux.

Les droits humains des personnes âgées

Ce sujet n’a jamais été thématisé au haut niveau des organisations internationales, les intérêts ayant été concentrés sur la population active et la jeunesse. On reconnaît maintenant que la population 65+ dans le monde représente un problème social et éthique qu’il importe d’éclairer dans le contexte global. Ce problème est présenté dans un article séparé.

On constate que dans ce domaine un grand travail normatif et législatif est encore à faire pour que cette génération ne soit plus perçue comme une charge mais un enrichissement pour l’équilibre de la société dans laquelle le respect de l’individu et la dignité humaine doivent être mieux cultivés.

Démographie et financement

Des trois moteurs de la dynamique démographique, la fécondité, la mortalité et la migration, les deux premiers sont prochement liés aux systèmes de santé des différents pays. Or les problèmes de financement de ces systèmes sont loin d’être résolus. Les aléas de la crise financière, la dynamique démographique, les exigences sociales et éthiques ainsi que les progrès technologiques de la médecine sont des facteurs qui doivent être considérés par les responsables tant à l’échelle internationale que locale. Des réponses à ces problèmes ne peuvent être trouvées qu’avec des solutions innovatrices.

D’une manière semblable, il en est de même du financement des retraites. Les systèmes actuels ont été conçus après la 2e  guerre mondiale dans un climat économique de croissance qui permettait un financement stable. Ces conditions ne sont plus pareilles de nos jours et surtout la dynamique démographique où la dépendance est drastiquement tombée ne permettent plus le financement des retraites sans recours à des nouvelles solutions. Les contrats des générations doivent être revus sous cette lumière pour accéder ä des solutions réalistes satisfaisant tous les âges.

Il a été constaté qu’il n’existe pas de système de financement satisfaisant pour assurer les risques de transfert ä des générations futures. Ni les systèmes bancaires ni les assurances ne peuvent mobiliser durablement les sommes énormes qui seraient requises pour couvrir raisonnablement ces risques.