Photo: Source Wikimédia.org
Le professeur Jean-Pierre Fragnière apporte sa contribution à cet événement en proposant dans un petit livret intitulé « Vers un vieillissement actif » et publié aux Editions Socialinfo une réflexion sur les transformations qui affectent nos sociétés vieillissantes.
Le vieillissement actif : une notion contradictoire
L’allongement de la vie, l’amélioration de l’état de santé et le bon niveau de formation et de compétences dont bénéficient les personnes entre 50 et 70 ans nous obligent à repenser l’organisation de notre société et à créer de nouvelles conditions permettant à chacun d’y trouver sa place. C’est en substance ce que nous dit M. Fragnière.
En effet, les questions qui se posent actuellement sont les suivantes : Que faire pour développer ce débat et pouvoir agir ? Où trouver les informations et les idées nécessaires à cette réflexion ?
Pour promouvoir un vieillissement actif, il faut selon lui d’une part, « dépasser un vieillissement passif, subi, entre le désoeuvrement, l’inertie et l’abandon et d’autre part s’écarter d’un modèle de vieillissement adoptant une attitude qui exclut l’initiative, la participation et, bientôt, la responsabilité…».
M. Fragnière estime qu’il serait bon de s’appuyer sur divers types d’actions afin de promouvoir les conditions d’un vieillissement actif. Il propose de développer des activités dans la sphère productive, dans le domaine privé et dans celui des services ainsi que de pouvoir accéder à des activités choisies qui contribuent à la vie sociale (entraide, services de proximité, actions associatives…). Cela permettrait « d’entrer dans un mouvement qui veut créer les meilleures conditions pour accéder à ces activités », dans le domaine de l’information, de la maîtrise de l’habitat ou de la mobilité, de la vie quotidienne.
La retraite : un projet de vie
Au seuil de la retraite se pose la question de savoir ce que l’on va faire du temps qui s’ouvre alors à nous. Comme ce temps qui nous reste s’allonge d’année en année, il est judicieux de faire quelques constats généraux. Jean-Pierre Fragnière présente une quinzaine de points dans sa réflexion. Citons-en quelques-uns. Il n’existe plus vraiment de retraite à proprement parlé. La personne retraitée ne se retire pas définitivement de la vie active. Elle doit s’inventer une nouvelle carrière, se découvrir de nouvelles compétences ou en acquérir d’autres. Elle se sent encore jeune et compétente et veut se trouver une activité intéressante pour conquérir une nouvelle place dans la société. Elle est très impliquée dans la vie sociale en tant que citoyen, partenaire d’une relation affective ou consommateur. Elle doit faire face à plusieurs aléas de la vie tels que décès, maladie, convalescence, déclin physique. La société attend aussi beaucoup d’elle, car elle est encore active et indispensable à l’équilibre de celle-ci. Elle doit apprendre à partager ses richesses, à s’ouvrir aux problèmes des jeunes générations, à les accueillir et à les conseiller. Enfin, elle doit essayer de gommer le fossé entre les diverses générations afin d’éviter que le monde se catégorise en ghettos fermés.
Un vaste défi
Il faut s’activer maintenant à trouver des voies et des réponses adéquates pour favoriser un vieillissement actif. C’est un vaste défi. Au cours de ses réflexions, le professeur examine ce qui se passe en fin de vie professionnelle et dans le quart de siècle suivant nommé autrefois « retraite ».
Tout d’abord quelques bonnes nouvelles. Nous avons encore toute la vie devant soi, avec une santé plus ou moins bonne selon les cas. Nous sommes bien formés et autonomes financièrement. Mais attention, les défis à relever sont nombreux. La population âgée s’accroît chaque année. Certains n’ont pas su s’adapter et ont connu la mort sociale et la solitude. Les inégalités face à la vieillesse sont multiples. Beaucoup glissent dans l’oubli, sont abandonnés ou maltraités par leurs proches. Tout n’est pas rose.
Avant d’agir, il est bon d’éviter quelques pièges. Il est clair que vieillir fait peur. Ne nous laissons pas envoûter par des marchands de bonheur qui nous vendent des chimères. Ne craignons pas d’affronter les incertitudes et les peurs inhérentes à la vieillesse. Acceptons-les pour mieux les maîtriser. Ne nous replions pas sur nous-mêmes dès la première difficulté. Tout est nouveau et personne ne dispose encore de mode d’emploi tout fait ou d’une tradition orale incontestée que l’on pourrait suivre. Comme le dit si bien le professeur Fragnière, « il faut inventer, donc essayer, donc risquer, donc échouer quelquefois, donc se relever, donc poursuivre son chemin, donc surmonter la compréhensible tentation du repli. » Nous avons devant nous une année entière de réflexion collective pour « construire et compléter notre boîte à outils. »
L’auteur de ce livret décrit encore les ressources et les ouvertures déjà existantes qui permettent de mieux définir un vieillissement actif. Citons-en deux : une panoplie de services proposés aux aînés qui se doivent d’être compétents et un réaménagement de l’environnement citadin et privé.
Agir
Le plus important maintenant est d’agir. Selon M. Fragnière, « les initiatives foisonnent dans les territoires marqués par la présence des séniors et des institutions qu’ils se sont données. » Elles se déploient dans différents secteurs tels que le champ professionnel et la vie domestique. Dans le champ professionnel, plusieurs dossiers sont ouverts et demandent à être mieux gérés, notamment la formation continue, la flexibilisation de l’âge de la retraite, les transferts de compétences. Dans le champ de la vie domestique, le temps de la retraite est rarement oisif. Beaucoup s’occupent à la fois de leurs parents âgés et de leurs petits-enfants. Plus d’un tiers des personnes trouve une occupation dans des formes d’activités associatives.
Inventorier les offres est une démarche qui peut aider à choisir les bons services à développer. Mais la palette de ces offres est grande et peu coordonnée. Un minimum d’organisation et d’infrastructure s’impose pour élaborer un projet politique tel que celui du vieillissement actif.
En conclusion, le professeur nous invite à définir et à formuler ensemble cette nouvelle politique de la vieillesse. L’année européenne du vieillissement actif est là pour la porter. « L’engagement et la participation du plus grand nombre sont requis ». Prenons le temps de débattre et de réfléchir aux solutions à envisager. Beaucoup de groupes en Suisse, et notamment en Suisse romande, se sont engagés dans cette aventure collective. Il nous appartient d’y apporter aussi notre contribution personnelle.
Vous pouvez retrouver les références de ces groupes dans son petit livret qui peut être commandé ici.
Photo: source wikimedia.org
|
|
Twittern |