Prévoyance

Prendre une retraite anticipée ?

Prendre une retraite anticipée ?

« Quand puis-je, et est-ce que je peux prendre une retraite anticipée ? Qu’en est-il alors de mon travail bénévole ? » Questions éclairées par l’auteur.
Auteur: 
Charles-Albert Egger, Dr. iur. utr. et membre de l’ASIP
 
Fourchette des âges de la retraite

Cette fourchette est comprise entre 58 à 70 ans pour les personnes salariées, selon les régimes des cotisations auxquels elles sont soumises.

L’âge d’un départ possible à la retraite anticipée est, depuis quelques années, de 58 ans au plus tôt dans toutes les professions, pour les femmes comme pour les hommes, lorsqu’ils sont soumis au régime obligatoire et au minimum de la prévoyance professionnelle suisse, à savoir le 2e des 3 piliers de la sécurité sociale.

L’âge de la retraite usuelle du 1er pilier (AVS) est fixé actuellement à 64 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, en Suisse : une anticipation tout comme un ajournement de 5 ans, à chaque fois, est possible. Les retenues peuvent être, suivant l’âge, importantes en cas de départ anticipé, et de même, les prestations supplémentaires en cas d’ajournement. Il est donc logique de retarder le plus que possible sa demande de prestations AVS, motif pour lequel il est financièrement avantageux de prendre sa retraite définitive à l’âge de 70 ans afin d’obtenir le maximum des prestations possibles entre le 1er et le 2e pilier des assurances sociales suisses.

Par contre, les personnes indépendantes peuvent continuer toute leur vie à travailler….

Prestations disponibles entre les 3 piliers des assurances sociales suisses

Alors que le salaire acquis sert de base pour la perception des cotisations, les prestations qui déterminent les rentes sont très différentes, selon la conception des piliers.

L’AVS se base sur le système de la répartition entre actifs et retraités, alors que le 2e et le 3e piliers se basent eux sur la capitalisation. Une des différences essentielle entre les 2e et 3e piliers est la participation de l’employeur (parité du 2e pilier), alors que le 3e pilier est individuel, avec exonération fiscale de montants déterminés.

L’objectif des prestations sociales suisses peut se présenter ainsi :

  • Les 30% du dernier salaire (jusqu'à CHF 83’520. --) devraient être couverts par l’AVS.
  • Entre 50% et 70 % du dernier salaire, ces pourcents sont à couvrir par l’AVS et le 2e pilier.
  • Les 30% à 40 % restant du dernier salaire peuvent être couverts par le 3e pilier.

En d’autres termes, le 1er pilier a pour but d’assurer le « minimum existentiel », alors que les 2 autres piliers (2e et 3e) doivent permettre aux assurés de « maintenir leur niveau de vie » antérieur ; à savoir avant un événement qui ne leur permet plus de continuer à travailler (maladie grave, accident ou retraite anticipée).

Une grande différence d’esprit peut aussi exister entre un salarié et un indépendant ; motif pour lequel leurs prestations sociales peuvent être fortement différentes.

Les conditions d’une retraite anticipée

Exprimées en chiffres, les prestations couvrent différemment les besoins des personnes en fonction de leur santé et de leur mode de vie. Une même rente peut suffire pour une personne et pas pour une autre. En conséquence, il incombe à chacun de déterminer dans quelle mesure il peut se permettre une retraite anticipée en fonction de ses prétentions, des prestations obtenues et de sa fortune.

Comment  obtenir de l’aide afin de prendre objectivement une telle décision ? Nous proposons de vous adresser à vos assureurs et votre banque des 2e et 3e piliers. Des renseignements complémentaires peuvent aussi être obtenus aux instances suivantes :

Effets du bénévolat sur le marché du travail

Conscient que les données ci-dessus pourraient faire l’objet de diverses analyses complémentaires, nous nous permettons de soumettre quelques remarques concernant le bénévolat:

Vu que des lacunes plus ou moins importantes peuvent exister dans les prestations futures  lorsque l’on souhaite (volontairement ou involontairement) prendre une retraite anticipée, chaque assuré est libre de les compenser par les moyens qu’il jugera les plus adéquats.

Nous estimons toutefois que ne peut travailler bénévolement, au sens plein de ce terme et à savoir totalement gratuitement, que la personne qui obtient à 100% les prestations sociales susmentionnées. Si tel n’est pas le cas, il n’est pas en concurrence avec les autres assurés qui doivent, si toutes les conditions sont réunies pour travailler, continuer à chercher du travail et à l’effectuer, s’il existe encore.

Si un tel travail est qualifié de bénévole, il devrait pouvoir couvrir au minimum les charges que la personne doit assumer au moment de l’exécution dudit travail (seront avant tout mentionnés le matériel mis ou non à disposition (par exemple un ordinateur), des frais de déplacements et de repas). A notre avis, une prestation en corrélation adéquate au salaire ou du moins à la somme ponctuelle qui serait celle due si la personne ne fournissait pas une « prestation bénévole » devrait pouvoir être envisagée. Ce montant sera toutefois comparé aux nombreux avantages que tout travail, rémunéré ou non, devrait offrir à la personne qui s’en charge. Le 1er et principal avantage est celui de pouvoir continuer à être utile à la société en obtenant en particulier sa reconnaissance.

Images par l’auteur

 

 

Commentaires

Portrait de Charles-Albert Egger

LPP

Merci de vous rendre au lien:

http://www.seniorweb.ch/fr/type/forum-topic/2012-05-18-discussion-touchant-la-retraite-anticipee 

Meilleures salutations

Charles-Albert

Portrait de jipégé

excellent article !

Bien que je ne sois plus concerné par cette question extrêmement importante, même vitale - j'ai cessé mon activité professionelle à 58 ans, j'ai maintenant une rente du 2e pilier et dans deux ans je toucherai l'AVS - j'ai lu cet article avec un grand intérêt. Et j'ai décidé d'écrire un commentaire.

Concernant le 2e pilier : "L’âge d’un départ possible à la retraite anticipée est, depuis quelques années, de 58 ans au plus tôt [...]"
Selon la loi il est possible de toucher une rente du 2e pilier dès 58 ans au plus tôt, mais c'est à la caisse de pension concernée de définir "sa" limite d'âge. Et il n'y en a pas des masses de caisses acceptant cette limite minimale de 58 ans, la plupart la fixant à 60 ans.
Et si malgré ce fait je décide de m'arrêter avant cet âge, c'est mon problème de calculer si j'arrive à m'en sortir, en considérant qu'il n'y aura plus d'entrée provenant de mon salaire et que je devrai payer les cotisations AVS de l'employeur et de l'employé, de même pour le 2e pilier également les parts employeur et employé - de lourdes charges - et à part ça je dois continuer à me nourrir, loger, blanchir ... Donc de gros calculs à faire en se basant sur un budget réalo-pessimiste pour cette période faste.

Concernant l'AVS : "[...] une anticipation tout comme un ajournement de 5 ans, à chaque fois, est possible[...]
Si je ne me trompe pas, l'anticipation de la rente-AVS n'est possible que pour 2 ans.

Concernant le retardement : [...] Il est donc logique de retarder le plus que possible sa demande de prestations AVS [...]
Sur ce point et ceci d'une manière générale pour tout ajournement, je ne suis pas vraiment d'accord. Dans mes calculs en long et en large en vue de me forger une opinion d'arrêter à travailler à 58 ans, j'ai essayé de calculer le point "break-even" pour toute anticipation. Si j'anticipe une prestation que je devrai compenser par une réduction "éternelle", il existe un point à partir duquel le solde passe à ma défaveur, à partir duquel ceci commence à me coûter. Le résultat de mes calculs, en me basant naturellement sur les tables officielles de l'espérance de vie, situait ce point vers l'âge de 78 ans.
Je part de l'idée que mon train de vie m'offrira plus de possibilités de dépenser AVANT cette limite d'âge. Le risque est grand que je voyagerai bien moins après mes 78 ans, que je commencerai (enfin) à devenir plus calme. C'est bien durant les années suivant l'arrêt de travail que j'aurai besoin de plus d'argent. Donc cette anticipation commençant réellement à me coûter dès mes 78 ans m'est assez égale. J'irais même à m'aventurer à définir comme règle, que toute anticipation m'est par principe favorable, car tout le fric que j'ai en main vaut plus que celui qui m'est promi pour des années lointaines !
Et qui sait si je vais vraiment atteindre un jour cette limite de 78 ans ....

Voilà mes points de vue à ce sujet. Un autre point qui n'a pas été cité est le fait qu'on ne peut jamais assez souvent répêter aux jeunes, de se mettre à planifier son futur et sa retraite le plus tôt possible. Ce n'est pas à 55 ans qu'il sera possible de corriger le tir, de boucher des trous !

Quelle chance pour la plupart des lecteurs de Seniorweb, toute cette problématique n'existe plus.

Jean-Pierre