Consommation

" Slow Food"

" Slow Food"

„ Il est inutile de forcer les rythmes de notre existence. L’art de vivre consiste à apprendre comment dédier du temps à chaque chose » Carlo Petrini, fondateur du Slow Food.

Le mouvement créé par Carlo Petrini* à Bra en Italie en 1986, est devenu entre temps une organisation internationale à but non lucratif. Elle veut préserver la cuisine régionale de qualité ainsi que les plantes, les semences, les animaux domestiques et les techniques agricoles qui lui sont associées. Ce mouvement s’est créé en réaction à l’émergence du mode de consommation rapide, le «Fast Food».

Slow Food compte déjà plus de 100 000 adhérents de par le monde, dans 130 pays et sur tous les continents.

En Suisse 17 Conviviums, c’est ainsi que se nomment les organisations régionales du mouvement (750 dans le monde) présentent des initiatives en faveur d’une alimentation locale et organisent pour leurs membres des manifestations éco-gastronomiques.

 

La philosophie et les buts de Slow Food

Le symbole de Slow Food, l’escargot, représente la lenteur. Pour faire de bons produits alimentaires, il faut respecter un certain rythme, celui des saisons entre autres, et, pour les consommer se donner le temps de reconnaître leus saveurs. Ces dernières années, avec le développement rapide de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution dans les hypermarchés, les repas-rapides au Mac Do ou autres restaurants «convenience», le goût s’est uniformisé et la connaissance ainsi que le respect des divers maillons de la chaîne alimentaire se sont perdus.

La philosophie de  Slow Food repose sur les considérations suivantes : «  Les aliments que nous mangeons doivent avoir bon goût ; ils devraient être produits de manière propre et non nuisible à l’environnement, au bien-être des animaux et à la santé des hommes ; et ses producteurs doivent recevoir une rémunération juste et équitable pour leur travail. »

 Lancé par Carlo Petrini, journaliste, sociologue et critique gastronomique italien, originaire de Bra en Piémont, ce mouvement veut avant tout :

  • s’opposer aux effets dégradants de l’industrie et de la culture de la restauration rapide qui standardisent les goûts,
  • promouvoir la biodiversité au travers de projets (Arche du goût, Sentinelles…),
  • protéger une race animale ou une espèce végétale en préservant l’environnement,
  • promouvoir les effets bénéfiques de la consommation délibérée d’une alimentation locale et de nourriture indigène,
  • promouvoir une philosophie de plaisir,  le plaisir du palais en l’occurrence,
  • redonner à l’alimentation sa dignité culturelle, promouvoir la sensibilité des goûts,
  • encourager le tourisme attentif et respectueux de l’environnement et les initiatives de solidarité dans le domaine alimentaire (éco-et agrotourisme),
  • réaliser des programmes d’éducation du goût pour les adultes et les enfants,
  • travailler pour la sauvegarde et la promotion d’une conscience publique des traditions culinaire et des mœurs,
  • aider les producteurs – artisans de l’agroalimentaire qui font des produits de qualité.

«  Slow Food allie plaisir et nourriture avec conscience et responsabilité. Les activités de l’association visent à sauvegarder la biodiversité dans notre alimentation, à diffuser l’éducation du goût et à relier les producteurs d’aliments d’excellence aux coproducteurs, à travers toutes sortes d’évènements et d’activités. » (Mémento Slow Food France)* http://www.slowfood.com/about_us/fra/welcome_fra.lasso

Évolution du mouvement

Créée en 1986 par Carlo Pedrini sous le nom d’Arcigola, ce fut d’abord une association classique à but gastronomique. Slow Food a suivi en 1989, avec un manifeste qui lui donna une dimension internationale. Son grand essor date de 2004, avec la création de l’université des sciences gastronomiques et de Terra Madre*, le réseau mondial des communautés de la nourriture. Il était grand temps de défendre la qualité de l’alimentation et d’empêcher la disparition de certaines espèces, temps de reconnaître que de très bons produits étaient faits par de petits paysans et qu’ils étaient menacés. Terra Madre a changé l’orientation du mouvement, en faisant prendre conscience  des thématiques environnementales et écologiques. «La gastronomie n’est pas uniquement, ce que les télés du monde sont en train de montrer : des recettes. C’est aussi une économie, une politique, une agriculture, des gens. Il faut avoir de tout cela une vision holistique.» (C. Petrini dans un entretien avec Le Temps)

 Ses activités     

Slow Food organise des salons, des évènements et des marchés paysans afin de mettre en avant des produits gastronomiques d’excellence : Salone del Gusto, Cheese, Slow Fish, Salon du goût et des saveurs d’origine, A Taste of Slow Food, Convivium, etc…

Chacun peut adhérer à un « convivium » local. La diversité de ses membres fait la force de l’association.  La cotisation de chacun est directement utilisée pour soutenir la croissance de Slow Food et les projets dans les pays en voie de développement.

Slow Food a créé l’Université des Sciences Gastronomiques pour offrir un programme académique en sciences et culture culinaires. L’UNISG  est une autre façon pour Slow Food de réunir les innovations et les recherches des universitaires et du monde scientifique avec les savoir-faire traditionnels des fermiers et des producteurs agricoles.  

Avec une approche nouvelle et innovante, basée sur l’éveil et l’appren- tissage de nos sens, Slow Food considère les dégustations comme une expérience didactique qui développe la prise de conscience. Slow Food organise des programmes éducatifs à tous les niveaux et pour tous : enfants, enseignants, restaurateurs, membres, et tous ceux qui désirent participer à un évènement.

Questions

Les questions les plus souvent posées sont :

  • Est-ce que Slow Food signifie bio ?

Slow Food considère que l’agriculture bio, quand elle est pratiquée de manière intensive et à grande échelle, est très semblable aux monocultures conventionnelles.

Les produits Slow Food doivent être en cohérence avec les principes d’un développement agricole durable et garantir que les produits soient «bons, propres et justes.»

Slow Food est contre la culture à fins commerciales de plantes génétiquement modifiées. Slow Food croit que tous les produits contenant des OGM, devraient porter une mention spéciale sur une étiquette appropriée, permettant au consommateur de faire un choix réfléchi de ce qu’il soutient et consomme.

Une autre question soulevée par Carlo Petrini lui-même est de savoir si Slow Food allait devenir une cause élitaire. Il est vrai, que la ménagère qui doit faire à manger pour sa famille, avec un budget donné, continuera à aller s’approvisionner le plus souvent dans les grandes surfaces avec des produits bon marché ou des surgelés, des repas précuits surtout si elle poursuit encore une activité professionnelle à côté. Les repas tout prêts ou « convenience », d’ailleurs déjà largement utilisés par les restaurants, ont contribué à une uniformisation du goût mais aussi à une tendance au gaspillage très décriée actuellement. Un gaspillage qui commence déjà chez les gros producteurs jetant les légumes et fruits qui ne correspondent pas aux normes demandées, les magasins offrant trop de choix et des quantités impossibles à écouler dans les limites des dates de péremption, les consommateurs de plus en plus chipoteurs sur l’aspect du produit, tâtant les fruits et les rejetant à l’étal sans égard pour les suivants… Bref, un manque de plus en plus flagrant de respect pour les aliments et ceux qui les produisent, comme si le prix à lui seul justifiait la façon de les traiter.

Cela peut sembler un luxe dans la vie effrénée que nous menons, de prendre du temps pour aller acheter les légumes et les fruits régionaux au marché, de s’en tenir à un boucher ou un poissonnier qui connaît l’origine de sa marchandise, de préparer soi-même les repas…Mais les tricheries et scandales révélés au niveau de l’industrie alimentaire, les dégâts qui  peuvent en découler pour la santé (l’obésité galopante entre autres) donnent à réfléchir et font prendre conscience de l’urgence d’un choix en faveur d’une alimentation saine, goûteuse et respectueuse de l’environnement.

Sources :

Wikipedia

http://www.slowfood.com

http://www.slowfood.ch

*Terra Madre: www.slowfood.fr/le-livre-terra-madre-de-carlo-petrini