2011, l’année européenne du bénévolat a fait prendre conscience de l’importance de cette activité pour le fonctionnement de notre société. En Suisse, les heures de travail bénévole accomplies sont du même ordre que les heures de travail rémunérées dans le secteur de la santé et des activités sociales (en 2008, 640 millions contre 755 millions (*). De nombreuses activités dans les domaines du sport, de la vie culturelle et socio-caritative ne peuvent subsister que grâce au bénévolat, des domaines si importants pour le tissu social et la qualité de vie du pays.
Mais qu’est exactement le bénévolat ?
C’est une activité non rétribuée et librement choisie qui s’exerce en général au sein d’une institution sans but lucratif ou dans un cadre informel. :
« C’est un moment privilégié pour la reconnaissance de soi et de l’autre », « un pourvoyeur de réseaux de sociabilité, un moyen de structurer son emploi du temps, de se doter de compétences nouvelles, d’acquérir un statut social valorisant », une démarcation par rapport au « modèle marchand en accordant plus d’importance aux liens qu’aux biens » disait Anne-Claude Demierre, conseillère d’Etat, lors de la Journée cantonale du bénévolat qui s’est tenue en novembre dernier à Fribourg.
Les personnes qui s’engagent en tant que bénévoles donnent non seulement de leur temps, mais permettent aussi et surtout des échanges.
Leurs motivations diffèrent, mais c’est surtout pour leur plaisir de participer utilement à la vie sociale, pour élargir leurs connaissances et leurs expériences que ces personnes s’engagent et s’investissent.
Les obligations d’un engagement libre
Les engagements pris doivent être remplis avec responsabilité. Les tâches, même librement convenues, doivent être effectuées avec diligence, respect et avec professionnalisme, si l’on vient du métier.
La fourchette de temps usuellement consacrée par le bénévole varie beaucoup selon les engagements pris, les personnes et les situations en cause. Si la moyenne constatée dans la population est d’env. une demi-journée par semaine, le temps consacré effectivement dépend beaucoup de la nature de la tâche et des responsabilités endossées.
L'absence de contrepartie financière est la caractéristique essentielle du bénévolat. Par conséquent le bénévole ne doit percevoir aucune rémunération, ni en espèces, ni en nature.
Le bénévole devrait se conformer aux instructions, règles de conduite et directives de l’employeur, par exemple soumettre des rapports de travail s’ils sont demandés, respecter la Charte morale et/ou les Statuts de l’organisation.
Reconnaissance et remboursement de frais
Les bénévoles ont droit au remboursement des frais convenus pour leur activité en particulier les indemnités de voyage et de subsistance.
De plus, leur est due une reconnaissance personnelle dans le cadre des activités de l’organisation qui les engage. La formation continue augmente les compétences, ainsi que la reconnaissance.
Il est recommandé de préparer une convention (engageant à respecter les attentes et obligations communes, ainsi que la renégociation régulière de la durée ou de la continuation de l’engagement.
Bénévolat et travail rémunéré
Le bénévolat ne doit pas concurrencer le marché du travail. Il ne peut être exercé que par des personnes jouissant de revenus autonomes et qui ne dépendent pas de soutiens sociaux. Ainsi les chômeurs (par exemple), doivent obtenir l’autorisation de leur caisse pour effectuer un travail bénévole. (**).
L’emploi de bénévoles à la place de travailleurs normalement rémunérés, n’est pas toléré. Il est par contre permis à un bénévole de toucher une rémunération pour un travail qui dépasserait le cadre de son engagement bénévole.
Toutefois, il y a aussi des situations où certaines prestations offertes peuvent justifier la perception d’une compensation, ne fût-ce que de valeur symbolique, comme reconnaissance pour un service apprécié, contredisant ainsi le dicton « ce qui ne coûte rien n’est pas apprécié ».
Le bénévolat des retraités
Le retraité dispose généralement d’un revenu assuré et de temps qui lui permettent d’effecteur un travail bénévole dans une plus large mesure. De plus, dans la discussion sur le vieillissement et l’âge de la retraite, le bénévole trouve une opportunité pour rendre à la société une partie de ce qu’elle lui a donné et de témoigner sa solidarité sociale.
En plus dela gratuité du travail fourni, maints bénévoles acceptent de renoncer au remboursement de leurs frais et font même des dons. D’autres, peut-être moins bien lotis financièrement, peuvent accepter des (gratuités ?)indemnisations qui leur permettent d’arrondir leurs fins de mois.
On constate donc, vu ces diverses situations, qu’il vaut mieux régler clairement les conditions d’engagement dès que les parties concernées se trouveraient en situation de quémandeur.
Le bénévolat chez Seniorweb
Seniorweb est une institution à but non lucratif dont l’objectif essentiel est de participer à combler le fossé digital en Suisse, considérant que l’accès à l’information par voies électroniques est dû à tous les citoyens.
Les cadres et les collaborateurs de l’institution travaillent bénévolement. Ils sont liés par une convention qui définit en particulier les tâches inhérentes aux fonctions ainsi que le règlement des frais une fois que l’engagement prend une certaine ampleur.
Une petite partie du travail, env. 5% des heures accomplies, est toutefois rémunérée. Il s’agit de travaux indispensables au fonctionnement de l’institution, qui ne peuvent être obtenus sur la base du bénévolat, tels certains services relatifs aux structures informatiques, aux révisions comptables, à l’embauche de personnes non encore retraitées.
_____________
Notes:
(*) cf. Le travail bénévole en Suisse en 2010
(**) cf « Effets du bénévolat sur le marché du travail » dans l’article Prendre une retraite anticipée ?
Images:
© Gerd Altmann/photoshopgraphics.com / pixelio.de
© 366658_web_R_by_BirgitH_pixelio.de.jpg
Version allemande:
|
|
Twittern |