La nouvelle exposition présentée au musée Bellerive de Zurich, dans le quartier de Seefeld, situé le long du lac, s’intitule « Pouvoir de séduction et parfums», en allemand « Parfum – verpackte Verführung ». Elle livre à tous ceux qui pénètrent dans une parfumerie pour y trouver un cadeau approprié un argument imparable : Vous allez offrir une très ancienne richesse appartenant à l’héritage culturel qui depuis toujours fascine alchimistes et artistes. Depuis le 17ème siècle, on a constamment créé de nouveaux parfums dans de nouveaux flacons. Ceux-ci sont utilisés et appréciés par les jolies femmes et depuis 1922 aussi par les hommes se voulant attrayants.
L’exposition organisée par Sabine Flaschberger s’ouvre sur une rétrospective historique de pots à pommade et pots décoratifs très anciens. Pendant des siècles en effet, les parfums n’ont été utilisés que sous une forme solide ou pâteuse et conservés dans de petits pots.
Dans l’Egypte antique, la parfumerie était exclusivement réservée aux dirigeants jusqu’au règne de Ramsès IV. Ils déposaient sur leurs cheveux sous leur couronne quelques noix de pommade qui, sous l’effet de la chaleur, fondaient lentement et enveloppaient les pharaons d’un véritable manteau parfumé. Jusqu’au 17ème siècle, mis à part son aspect sacré, le parfum était aussi employé pour soigner et lutter contre les infections. Puis une nouvelle technique permettant d’obtenir un parfum sous forme liquide vit le jour et s’allia à l’art de la séduction.
Séduction pour hommes et femmes
L’exposition est dédiée aux hommes comme aux femmes. Elle ne traite que très peu des parfums eux-mêmes, elle se concentre beaucoup plus sur leur présentation dans des flacons ouvragés et leurs affiches. Comme par exemple celle montrant un Yves Saint Laurent dénudé qui fait la promotion de son parfum « Pour Homme » ; ou bien la nouvelle création de parfum M7 pour homme mise en scène par le régisseur et designer Tom Ford sur une affiche où l’on voit un homme dévoilant ses atouts masculins. Comment mettre en valeur une nouvelle fragrance est la préoccupation de tous les créateurs de flacons. Il ne suffit plus d’afficher des hommes « métrosexuels » pour vendre une gamme masculine de parfum. Pour inciter à l’achat, on fait appel à des images suggestives telles qu’une pipe de tabac ou bien pour « Bel Ami » d’Hermès à un nu de femme du peintre Gustav Klimt.
Pour l’univers féminin, il faut être encore plus imaginatif. La dessinatrice de mode Elsa Schiaparelli conçut en 1936 un flacon en forme de torse féminin moulé d’après les formes de l’actrice Mae West. Il fut repris et modifié maintes fois par Jean-Paul Gaultier. Le « Poison » de Dior fut mis en bouteille dans un flacon en forme de serpent. Un autre parfum de Dior, nommé « J’appartiens à Miss Dior » fut un vrai flop parce que le créateur donna au flacon la forme du petit chien de Dior. Beaucoup d’hommes achetèrent pour leur bien-aimée ce parfum créé spécialement pour le 15ème anniversaire de la maison de parfum. Mais les femmes le rapportèrent immédiatement pour l’échanger. Conclusion : un flacon en forme de chien n’attire absolument pas les femmes, par contre les flacons de verre inspirés de différentes cultures ou de la nature, ayant comme forme des fleurs, des insectes, des bougies, un Roi Soleil même, dans la mesure où il a été dessiné par Salvador Dali en 1946 sur demande de Schiaparelli, constituent de précieux bijoux agréables aussi bien à regarder qu’à collectionner.
L’art de la verrerie et maîtres verriers
Le verre s’avère être le matériau idéal pour la conservation de parfum car il n’entraîne aucune réaction chimique avec son contenu. Il peut prendre presque n’importe quelle forme et grâce au développement du verre moulé se prêter facilement à une production de masse. Des noms prestigieux se sont associés pour créer des flacons de parfum, citons René Lalique et les cristalleries parisiennes Baccarat. Beaucoup d’artistes connus se sont aussi essayé dans la création de bouteilles de parfum extravagantes et de leurs bouchons savamment travaillés.
L’exposition s’étend peu sur la production de parfum. A l’étage, on peut déterminer son type de parfum à l’aide de différents spectres de couleur. On peut y voir aussi d’anciens manuels de parfumerie datant du 18 et 19ème siècle dont certains sont de véritables livres de recettes ainsi que d’anciens vaporisateurs de parfum. À admirer aussi, accrochée au mur, une grande vitrine de flacons miniatures se déclinant dans tout un jeu de couleurs.
Quatre grandes pyramides de compost, un mélange de feuillage et de copeaux divers d’où émane une forte odeur de décomposition que le designer Sebastian Fischenich, conseiller et collaborateur conceptuel de l’exposition, a entreposé le long de l’entrée du musée, veulent démontrer que chaque parfum doit être élaboré avec une multitude de senteurs. Il est faux de penser que tous les composants d’un parfum dégagent une odeur agréable, l’ambre et le musc, par exemple, sentent très mauvais à l’état pur. Seule une parfaite combinaison d’éléments minutieusement choisis donnent naissance à ces parfums de rêve qui enchantent nos sens et nous font tourner la tête.
L’exposition «Pouvoir de séduction et parfums» est à voir encore jusqu’au 9 avril 2012 au musée Bellerive, une dépendance du Museum für Gestaltung de Zurich.
Depuis la gare principale de Zurich prenez le tram 4 à la station Bahnhofquai/HB direction Bahnhof Tiefenbrunnen jusqu’à l’arrêt Höschgasse, puis prenez la rue du même nom à droite en direction du lac.
Heures d’ouverture :
Hiver: décembre à mars du mardi au dimanche de 10h à 17h
Eté: avril à novembre du mardi au dimanche de 10h à 17h et jeudi de 10h à 20h
Lien intéressant : Ma Collection de Pubs de Parfum
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