La plupart des deux cents documents présentés dans cette exposition proviennent du Musée de l’Élysée de Lausanne. Ce musée spécialisé dans la photographie et l’image a, depuis janvier 2011, créé une collection Chaplin constituée d’un fonds de quelques 10 000 photographies réalisées à la demande des studios Chaplin durant les tournages, auxquelles s’ajoutent des clichés plus intimes du cinéaste comme les portraits réalisés en 1925 par Edward Steichen pour le magazine américain « Vanity Fair ». http://www.francetv.fr/culturebox/charlie-chaplin-une-exposition-a-evian-avant-un-musee-en-suisse-7252
Si Charles Spencer Chaplin (Londres, 1889 – Vevey, 1977) incarne la figure mythique du vagabond mélancolique, il est aussi un citoyen du monde aux prises avec les réalités sociales et politiques de son temps. Tout au long de cette promenade on découvre les étapes de cette vie mouvementée qui débuta dans les quartiers pauvres de Londres, où il commence sa carrière d’acteur à 9 ans. En tournée avec son imprésario anglais Fred Karno, il est remarqué en 1913 par un producteur de cinéma et devient peu de temps après la vedette des comédies filmées de la Keystone Film Company. Comme as de la pantomime et de l’improvisation, il interprète tout d’abord la figure en vogue de l’alcoolique antipathique et sournois puis fait évoluer son personnage en explorant toute une gamme d’émotions comme le démontrent les planches de photogrammes de ses courts-métrages et les extraits de films.
Salué comme formidable acteur il se fait connaître ensuite comme metteur en scène. De 1914 à 1967 il est scénariste et réalisateur de l’ensemble de ses productions. Minutieux et précis, il prend le temps d’élaborer une intrigue, de construire une scène, de travailler la mécanique d’un gag, avec situations absurdes, rapidité des gestes, agilité, courses poursuites. Déjà en pénétrant dans l’exposition, on est retenu par la projection d’une de ces scènes hilarantes, où Charlot essaie d’échapper à une « mise en forme » musclée d’un masseur !
Il se distingue aussi en introduisant une dimension émotionelle à ses comédies, faisant passer le spectateur du rire aux larmes.
L’image de Charlot, petit vagabond maladroit et sentimental aux allures de dandy, a une gestuelle et une silhouette reconnaissable entre mille. Son habit est d’ailleurs également exposé dans une vitrine, au milieu de ces images relatant cette « chaplinmania », immortalisant le personnage sur des affiches, des bandes dessinées, des imitateurs, des dessins d’artistes comme Fernand Léger ou Marc Chagall.
Il accède à la célébrité en un temps record et la presse internationale s’intéresse autant à ses films qu’à sa vie privée ou à ses rencontres avec Churchill, Einstein ou Ghandi. Aux photographies de promotion de ses films s’ajoutent les photographies de presse retouchées et des portraits signés de photographe réputés, tels James Abbe et Edward Steichen.
Face à l’avènement du film parlant qui révolutionne le cinéma à partir de 1927, Chaplin s’inquiète sur la manière de faire continuer à exister Charlot, dont le langage universel est celui de la pantomime. Malgré ses doutes il porte la puissance expressive du muet à son paroxysme dans Les lumières de la ville (1931), dont il compose la musique.
À la fin des Temps modernes (1936), il découvre cependant la voix de Charlot, la sienne, qui, ayant oublié les paroles de sa chanson, se livre à un charabia mélodieux.
Pour le Dictateur (1940), il joue cette fois sur la parole. La puissance charismatique du discours de Hinkel fait ployer les micros sous l’impact de sa voix et de ses mots. Passage impressionnant projeté sur grand écran. De manière récurrente Chaplin prend position et intègre sa vision critique du monde dans son univers comique. Il s’interroge sur la misère, l’expression de l’autorité, la condition ouvrière, les guerres et s’inspire de sa propre histoire.Malgré les dissensions sur la libéralité de ses mœurs, son refus de prendre la nationalité américaine et ses engagements politiques pendant la guerre froide, la disparition de Charlot à l’écran et son exil en Suisse à partir de 1952, l’icône chaplinienne demeure.
Rendue possible grâce aux Archives des Studios Chaplin, l’exposition présente plus de 200 photographies selon une approche thématique et filmographique. Le fonds photographique conservé par la famille Chaplin est en dépôt au Musée de l’Élysée à Lausanne depuis 2011.
Les photographies d’époque et les tirages modernes offrent une double lecture de l’univers chaplinien, à la fois historique et artistique. Pour étayer les propos, des extraits de films, des affiches, des coupures de journaux et des œuvres d’avant-garde proviennent de collections privées et publiques.
L’exposition est réalisée par le Musée de l’Élysée de Lausanne en partenariat avec l’Association Chaplin et Roy Export SAS, les archives de Montreux, la Cineteca de Bologna, le Musée Charlie Chaplin à Corsier-sur –Vevey, la Cinémathèque suisse et MK2.
Extraits du dépliant officiel de l’exposition y compris laa photo de l'affiche
Photos de Google-commons
Informations pratiques : Palais Lumière Evian (quai Albert Besson)
Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h (lundi 14h à 19h.) jusqu’au 20 mai
À propos du Palais Lumière :
Le Palais Lumière est à l’origine un établissement thermal. Il est un des plus beaux témoignages de l’architecture des villes d’eaux au début du 20ème siècle.
Situé face au lac et à coté de l’Hôtel de Ville (ancienne villa des frères Lumière), il jouit d’un emplacement central et privilégié.
En 1996 la Ville d’Évian est redevenue propriétaire des lieux. Peu après sa façade principale, son vestibule, son hall d’entrée et ses décors sont inscrits à l’inventaire des Monuments historiques.
Une réflexion sur une destinée nouvelle et valorisante est aussitôt lancée, qui aboutit au projet de reconvertir l’édifice en centre culturel et de congrès. Le projet s’inscrit dans une perspective globale de redynamisation de l’économie touristique locale.
(Descriptif officiel de la ville. Voir lien ci-dessous)
http://www.eviantourism.com/france/MENU2/page/Culture.html
Palais Lumière: photo personnelle de l'auteur
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